Hunting High and Low d’a-ha : histoire, chansons et héritage du premier album
Découvrez Hunting High and Low d’a-ha : naissance du premier album, analyse de Take On Me, chansons essentielles, clips et héritage synth-pop.

Hunting High and Low d’a-ha est bien davantage que l’album de Take On Me. Publié en 1985, ce premier disque transforme les années de travail d’un jeune trio norvégien en une synth-pop spectaculaire, traversée par la mélancolie, le désir de fuite et une remarquable exigence mélodique. Derrière ses refrains immédiats se cache un album construit avec précision, où les synthétiseurs n’effacent jamais la guitare, la voix ni les histoires.
Le succès mondial du clip de Take On Me a parfois réduit a-ha à une image emblématique des années 1980. Pourtant, l’écoute intégrale de Hunting High and Low révèle un groupe plus complexe : Morten Harket, Magne Furuholmen et Pål Waaktaar y associent pop électronique, tension romantique, récits urbains et arrangements presque cinématographiques. Retour sur la création, les chansons essentielles et l’héritage d’un premier album devenu classique.
Hunting High and Low d’a-ha : les informations essentielles
| Artiste | a-ha |
|---|---|
| Album | Hunting High and Low |
| Type | Premier album studio |
| Parution internationale | 28 octobre 1985 |
| Label | Warner Bros. Records |
| Production | Tony Mansfield, Alan Tarney et John Ratcliff |
| Nombre de chansons | 10 |
| Styles | Synth-pop, pop et new wave |
| Classements marquants | n° 1 en Norvège, n° 2 au Royaume-Uni, n° 15 aux États-Unis |
La discographie officielle d’a-ha indique que l’album s’est vendu à plus de huit millions d’exemplaires dans le monde. Son succès ne fut pas limité à un single : plusieurs chansons se sont imposées dans les classements internationaux, tandis que l’album est resté durablement présent dans les ventes. Au Royaume-Uni, il a atteint la deuxième place et cumulé 81 semaines dans le Top 100 selon l’Official Charts Company.
D’Oslo à Londres : la longue naissance du premier album d’a-ha
Avant a-ha, Magne Furuholmen et Pål Waaktaar avaient déjà joué ensemble en Norvège. Leur ambition dépassait cependant le cadre local : ils voulaient écrire une pop capable de rivaliser avec les productions britanniques et internationales. L’arrivée de Morten Harket en 1982 complète le trio. Sa voix, à la fois claire, puissante et vulnérable, donne immédiatement une nouvelle dimension aux compositions.
Le groupe part ensuite à Londres, au prix d’une période faite de petits moyens, de démarches infructueuses et de nombreuses maquettes. La chanson qui deviendra Take On Me existe déjà sous une forme précoce, mais elle doit être réécrite, réenregistrée et repensée plusieurs fois. a-ha signe finalement avec Warner Bros. à la fin de 1983. Le succès n’est pourtant pas immédiat : les premières publications du morceau ne rencontrent pas le public britannique.
Cette lente maturation explique en partie la densité de Hunting High and Low. Le disque ne ressemble pas à un assemblage réalisé après un premier tube : il concentre des années de travail, de démos et d’arrangements. Lorsque la version produite par Alan Tarney de Take On Me finit par s’imposer, le groupe possède déjà un répertoire et une identité suffisamment solides pour construire un album entier.

Une synth-pop brillante traversée par la mélancolie
La production de l’album possède tous les signes de son époque : séquenceurs, claviers analogiques, boîtes à rythmes, réverbérations amples et mélodies lumineuses. Mais la technologie n’est jamais utilisée comme un simple décor. Les synthétiseurs de Magne Furuholmen créent des mouvements, des contrechants et des espaces. La guitare de Pål Waaktaar apporte des arêtes plus organiques, tandis que la programmation rythmique donne aux chansons une énergie tendue et régulière.
La voix de Morten Harket constitue le point de rencontre de ces éléments. Son registre très étendu lui permet de passer d’une retenue presque intime à des envolées spectaculaires sans rompre la ligne mélodique. Cette performance vocale ne sert pas seulement à impressionner : elle matérialise l’urgence, le doute et l’élan romantique présents dans l’écriture.
C’est là que réside la singularité du disque. Les arrangements peuvent sembler éclatants, mais les chansons parlent souvent d’absence, d’isolement ou d’un amour sur le point de disparaître. Cette opposition entre surface lumineuse et fond inquiet évite à l’album de devenir une simple capsule nostalgique des années 1980.
Les chansons essentielles de Hunting High and Low
Take On Me : une mécanique pop presque parfaite
Take On Me repose sur un motif de synthétiseur reconnaissable en quelques secondes, une progression qui maintient l’élan et un refrain conçu comme une libération. La mélodie oblige Morten Harket à parcourir un registre impressionnant, mais le morceau ne se résume pas à sa note la plus aiguë. Son efficacité vient surtout de l’équilibre entre fragilité des couplets, accélération rythmique et montée du refrain.
La chanson avait connu plusieurs vies avant cette version définitive. Ce parcours rappelle que les grands tubes ne naissent pas toujours d’une illumination instantanée : ici, la persévérance, le travail de production et la rencontre avec une idée visuelle décisive ont transformé un échec commercial initial en succès mondial.
The Sun Always Shines on T.V. : la face sombre du succès
The Sun Always Shines on T.V. montre immédiatement qu’a-ha ne se limite pas à la légèreté de Take On Me. L’introduction presque solennelle laisse place à une rythmique puissante et à des nappes de clavier massives. Le refrain atteint une dimension dramatique, soutenu par une interprétation où Morten Harket semble lutter contre l’arrangement autant qu’il le porte.
La chanson interroge les apparences, l’exposition médiatique et la difficulté de préserver une relation dans un monde dominé par l’image. Placée au début de la seconde face de l’album original, elle en modifie l’équilibre : après la pop nerveuse des premiers titres, le disque devient plus ample et plus sombre.
Hunting High and Low : le romantisme porté à son sommet
La chanson-titre ralentit le tempo sans réduire l’intensité. Pål Waaktaar y construit une ballade sur la recherche de l’être aimé et la peur de le perdre. Les claviers ouvrent progressivement l’espace, puis la voix s’élève jusqu’à donner au refrain une dimension presque panoramique.
Le morceau résume parfaitement l’identité du premier a-ha : une émotion très directe, un goût pour les images vastes et une production sophistiquée qui ne sacrifie jamais la mélodie. Pour sa publication en single en 1986, une orchestration supplémentaire renforce encore son caractère cinématographique.
Train of Thought : l’inquiétude cachée derrière le rythme
Train of Thought suit un personnage absorbé par les gestes répétitifs de la vie urbaine. La ligne de basse et les percussions avancent avec une précision mécanique, tandis que les paroles font apparaître des couloirs, des inconnus et une réalité qui semble se déformer. Le résultat est dansant, mais jamais véritablement insouciant.
Living a Boy’s Adventure Tale : le cœur secret de l’album
Moins connu que les singles, Living a Boy’s Adventure Tale mérite une attention particulière. Son atmosphère nocturne, son tempo retenu et ses harmonies progressives montrent la sensibilité du groupe en dehors du format radio. La chanson décrit la solitude comme un territoire intérieur : un refuge provisoire, mais aussi un lieu dont il devient difficile de sortir.

Pourquoi le clip de Take On Me a marqué l’histoire
Réalisé par Steve Barron, le clip associe prises de vues réelles et animation au crayon obtenue par rotoscopie. Michael Patterson et Candace Reckinger ont participé à la création de cet univers où une jeune femme franchit la frontière entre son quotidien et une aventure dessinée. L’idée ne se contente pas d’illustrer la chanson : elle lui offre un récit, un suspense et une identité immédiatement mémorable.
Cette alliance entre technique et émotion explique la longévité de la vidéo. Le passage du réel au dessin donne une forme visible au désir d’évasion présent dans la musique d’a-ha. Le spectateur comprend le principe en quelques secondes, mais reste attaché aux personnages et à leur séparation. Le clip fonctionne donc à la fois comme prouesse graphique et comme court métrage romantique.
Son impact rejaillit sur tout l’album. À l’automne 1986, les vidéos de Take On Me et The Sun Always Shines on T.V. cumulent onze nominations aux MTV Video Music Awards et remportent huit récompenses. Cette réussite installe durablement a-ha parmi les groupes qui ont compris que, dans les années 1980, l’écriture visuelle pouvait prolonger l’écriture musicale.
La tracklist complète de Hunting High and Low
- Take On Me
- Train of Thought
- Hunting High and Low
- The Blue Sky
- Living a Boy’s Adventure Tale
- The Sun Always Shines on T.V.
- And You Tell Me
- Love Is Reason
- I Dream Myself Alive
- Here I Stand and Face the Rain
L’ordre des dix chansons participe à la réussite du disque. Les trois premiers titres installent immédiatement son langage musical, puis The Blue Sky et Living a Boy’s Adventure Tale ralentissent le mouvement. The Sun Always Shines on T.V. relance la seconde moitié avec une intensité nouvelle avant une conclusion plus introspective, dominée par I Dream Myself Alive et Here I Stand and Face the Rain.
Un succès qui dépasse largement Take On Me
Aux États-Unis, Take On Me devient numéro un et ouvre à a-ha les portes d’un marché particulièrement difficile pour un groupe européen. Mais en Europe, l’histoire ne s’arrête pas à ce morceau. The Sun Always Shines on T.V. atteint à son tour la première place britannique, tandis que la chanson-titre et Train of Thought confirment que le public suit le groupe au-delà de son premier phénomène.
Le trio entame ensuite une tournée mondiale de juin 1986 à août 1987, passant par 16 pays et 113 villes. Fait révélateur de la rapidité de cette ascension : a-ha n’avait encore jamais donné de véritable concert lorsque Take On Me s’est hissé en tête des ventes américaines. L’album a donc précédé l’expérience scénique internationale du groupe au lieu d’en être l’aboutissement.
Quelle édition de l’album écouter aujourd’hui ?
Pour une première découverte, l’album original en dix titres reste le meilleur choix. Sa durée resserrée et son ordre précis permettent de comprendre immédiatement le contraste entre énergie pop et mélancolie. Le remaster de 2015 respecte cette structure tout en offrant une restitution plus actuelle.
Les auditeurs qui souhaitent explorer la fabrication du disque peuvent ensuite se tourner vers la 30th Anniversary Edition présentée par Rhino. Ses démos, faces B et mixages alternatifs permettent de suivre l’évolution des chansons, notamment les différentes étapes qui ont conduit à la version définitive de Take On Me.
Notre avis sur Hunting High and Low d’a-ha
Hunting High and Low reste un premier album exceptionnel parce qu’il possède déjà une identité complète. a-ha y maîtrise le format du single sans négliger les morceaux plus discrets. La production a vieilli par endroits comme toute œuvre fortement liée à une technologie et à une époque, mais les mélodies, la tension émotionnelle et l’interprétation conservent leur force.
Le disque mérite surtout d’être réécouté sans s’arrêter à son tube d’ouverture. Living a Boy’s Adventure Tale, The Blue Sky ou Here I Stand and Face the Rain révèlent une profondeur qui annonce déjà les tonalités plus sombres de Scoundrel Days. Derrière l’esthétique brillante se trouve un groupe obsédé par la solitude, le passage entre rêve et réalité et la difficulté de retenir ce qui s’éloigne.
Pour poursuivre l’écoute, retrouvez les autres articles musique de Lettyou, notre analyse de I Walk the Line de Johnny Cash et celle du Teenage Color EP de College.
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